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Hals et Rembrandt

J'ai rapproché 4 portraits-de-couple hollandais du XVIIème siècle dont trois sont également des autoportraits. On y retrouve donc le même sujet, mais par surcroit, on y voit également le même parti pris de montrer au premier plan un homme chapeauté, fiérot et rigolard qui relègue au second plan sa femme discrète, soumise et éteinte. Ce sont, dans l'ordre, Hals, Rembrandt, Steen et Metsu

Steen et Metsu

 

Or, malgré ces analogies, les différences de style entre les quatre peintres ressortent de façon écrasante, comme si le sujet n'avait rien à y voir. Même le panache n'efface pas la différence entre Hals et Rembrandt, car on distingue parfaitement le panache civique un peu simplet de Hals, du panache de Rembrandt, hérité des festivités juives, moitié bazar, moitié guignol. Cette même différence ressortirait de la comparaison entre un banquet de la garde cvile peint par Hals et la Ronde de nuit de Rembrandt, ou entre les Régents de l'Hôpital de Harlem, peints par Hals et le Syndic des Drapiers peints par Rembrandt.

Syndics et Ronde de nuit

 

Un basculement rompt la continuité de l'espace et met les syndics des drapiers en contre-plongée dans un face à face avec l'observateur renforcé par le mouvement en avant du syndic qui se lève, alors qu'on pourrait facilement prendre place autour de la table des régents de l'hôpital pour se joindre à eux. Le coq saugrenu de la ronde de nuit ne se borne pas à révèler le côté cocasse et burlesque du tableau, il le signe et cocorique la supercherie du peintre qui se cache sous son casque, déguisé comme il le sera dans maints autoportraits. A l'opposé, c'est sans supercherie aucune que les hallebardes apaisées signent une fête civique, avant d'être enroulées dans une oriflamme comme un épée dans son fourreau, et l'une d'elles renversée d'un coup d'index pour servir de canne à un président fatigué. On n'en finirait pas d'énumérer tous les détails qui parsèment le chef d'œuvre d'indications qui se correspondent entre elles et se conjuguent pour produire un de ces temps d'arrêt où l'on dit qu'un ange passe, et un sourire penché à gauche fait pendant à un sourire penché à droite...

chapeautés